Paektusan

Historique

La Corée du Nord est un pays communiste dirigé d'une main de fer par Kim Jong-un et les militaires. Le régime politique s'apparente très fort à celui érigé par Staline dans l'ancienne URSS dans la première moitié du XXème siècle. Comme toutes les dictatures, les militaires disposent d'un budget important, ce qui permet de développer un arsenal conséquent pour un pays de cette taille.

La Corée du Nord est l'un des plus importants exportateurs d'armes. Il livre la technologie, quand ce n'est pas des missiles entiers à des pays ne pouvant y avoir accès pour diverses raisons. Souvent, il s'agit de pays islamistes ou sous un régime dictatorial dont certains ont été classés par Washington dans l'axe du mal en 2001. On peut citer:

  • L'Iran en échange de pétrole dont la Corée manque. A partir des missiles Coréens, l'Iran a développé les Shabah;
  • Le Pakistan qui souhaite tenir tête face à l'Inde a acheté la technologie des missiles coréens pour mettre au point les Ghauri, Shaheen entre autre;
  • La Syrie qui a acheté des Scud Coréens;
  • La Libye aurait acheté des missiles Nodong coréens;
  • Le Yemen aurait réceptionné quelques missiles;
  • Le Vietnam pourrait également avoir acheté quelques missiles.

De Taepodong à Paektusan

Le lanceur Paektusan est connu des services secrets américains depuis 1994 lorsqu'il est repéré pour la première fois au Nord-Ouest de la vie de Taepodong. Il est catalogué aussitôt sous le nom Taepodong et c'est sous cette appellation qu'il est surtout connu en Occident. Aucune réelle nouvelle technologie n'a été développée pour la mise au point du missile. En effet, le premier étage est un missile Nodong à moyenne portée, dérivé du missile Soviétique R-11. Le second étage est un dérivé du missile à courte portée Hwasong 6, lui aussi d'origine soviétique (missile R-17). Seul le dernier étage, à propergols solides, est nouveau. Plus tard, il recevra officiellement le nom de Paektusan.

Le 31 août 1998, Taepodong 1 fait la une de l'actualité. Ce jour là, la Corée du Nord annonce avoir réussi la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong 1, qui signifie Petite étoile étincelante, depuis la base de Musudan Ri. Dans le communiqué officiel, on apprend que le satellite circule sur une orbite de 218,8 x 6 978,2 km et met 165 minutes et 6 secondes pour accomplir un tour de Terre, qu'il est équipé d'instruments scientifiques ainsi que d'un émetteur transmettant à 27 MHz l'Hymne de la Révolution. Le 14 septembre, le gouvernement Nord-Coréen rend public des clichés du satellite et annonce qu'il vient d'accomplir sa centième orbite. Les jours suivants, une vidéo du lancement et du satellite sont diffusées. Le renfort de communication est important mais ne change rien à la réalité. Le Space Command, l'unité américaine chargée de surveiller l'espace extra-atmosphérique, ne détecte aucun nouveau satellite en dépit de ce qu'annonce fièrement la Corée du Nord. Les Etats-Unis confirment cependant qu'il y aurait eu une tentative de mise sur orbite mais supposent qu'un incident est intervenu lors de la phase de propulsion du troisième étage, empêchant toute satellisation.

La tentative de lancement du mois d'août a été très mal perçue par le Japon. Aucune annonce n'a été faite sur la trajectoire de la fusée. C'est ainsi que le Japon a été survolé par cette fusée sans avoir été mis au courant. En cas d'anomalie, le lanceur aurait pu s'écraser sur une ville nipponne. Suite à ce lancement « non prévu », le Japon met en place son propre programme militaire afin de surveiller les faits et gestes de la Corée voisine. En mars 2003, la Jaxa procédait à la mise sur orbite des premiers satellites espions japonais IGS (Information Gathering Satellites).

Depuis, les Etats-Unis ont obtenu de la Corée du Nord un accord provisoire offrant l'assurance que le pays ne procéderait plus à des tests de missiles à longue portée. Cet accord ne fera pas long feu. Au début de l'été 2006, la Corée du Nord effectuait une nouvelle série d'essais. Parmi les missiles tirés, le Taepodong 2, baptisé officiellement Uhna 1. Pour certains occidentaux, le test d'Uhna 1 devait être celui d'un missile longue portée caché derrière l'annonce officielle d'un échec au lancement d'un satellite.

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