Mu

Historique

Lambda-4S était une fusée-sonde aménagée en lanceur spatial. Avec une capacité sur orbite basse de 26 kg, le Japon ne pouvait envoyer dans l’espace des missions scientifiques dignes de ce nom. C’est la raison pour laquelle l’ISAS s’est attelé dans les années 60 à la conception d’un vrai lanceur de satellites qu’il baptise Mu, qui connaîtra des améliorations successives au cours de ses 25 années de carrière qui visaient à améliorer la précision de l’injection sur orbite tout en augmentant les performances de la charge à satelliser.

C’est avec les lanceurs Mu que le Japon va envoyer dans l’espace ses premières missions d’exploration planétaire. Il participera activement, en collaboration avec d’autres nations, à l’armada Halley. Annoncé pour le printemps 1986, le retour de la comète de Halley a été une occasion pour les Etats-Unis, l’Union Soviétique, l’Europe et le Japon d’unir leurs efforts dans l’étude de ces astres chevelus si mystérieux. L’ISAS lancera à cette occasion les sondes Suisei et Sakigate.

La première génération de lanceurs Mu est représentée par Mu-4S. Il est constitué de quatre étages à propergols solides. Il sera lancé à quatre reprises entre 1970 et 1972.

La seconde génération de lanceurs Mu est représentée par Mu-3C et Mu-3H. Contrairement à Mu-4S, ces lanceurs ne comptent que trois étages. Sept lancements seront effectués entre 1974 et 1978 avec un succès complet.

La troisième génération est représentée par Mu-3S. Ce lanceur se distingue de Mu-3H par l’ajout d’un système de guidage sur le premier étage mais les performances orbitales restent identiques.

La quatrième génération est représentée par Mu-3S II. Le premier étage de Mu-3S a été conservé mais toute la partie haute a été repensée pour faire face aux exigences des missions en cours d’étude au moment de son développement. Elle volera à sept reprises jusqu’en 1995 avant de céder la place à la cinquième génération de lanceurs Mu, le M-V.

Fiches techniques

Mu-4S

Mu-3C

Mu-3H

Mu-3S

Mu-3S II

M-V

Historique

Jusqu’au milieu des années 90, l’ISAS disposait de lanceurs à propergols solides de petite taille, hérités des programmes de fusées-sondes. Avec M-V, la capacité d’emport passe du simple au double, ce qui permet au Japon de revoir ses ambitions spatiales à la hausse.

Plusieurs missions qui représentent un grand intérêt scientifique ont été lancées par M-V dont la sonde Hayabusa, le premier engin à ramener sur Terre un échantillon de poussières provenant d’un astéroïde.

La carrière prometteuse de M-V ne fera pas long feu. En 2006, après un septième lancement, le lanceur est abandonné par l’agence spatiale japonaise. Son coût d’exploitation, évalué à 60 millions $/lancement, est particulièrement élevé. Cependant, le Japon n’abandonne pas l’idée d’un lanceur à poudre performant pour ses missions scientifiques. En août 2010, il est décidé de le remplacer par Epsilon. Afin de diminuer les coûts de production et d'exploitation, ils ont opté pour l'utilisation du matériel existant en l'adaptant à l'architecture du M-V.

Fiches techniques

M-V (1)

M-V (2)

Les sources