Interception

L'idée d'un programme ASAT (Anti-satellite weapons) remonte au début de la conquête spatiale et est destiné à se protéger d'une attaque ennemie. Ce système se compose d'installations sol comprenant notamment des missiles, radars et autres lasers ainsi qu'une composante spatiale reprenant les satellites de détection de lancement de missiles et les armes destinées à détruire ses bombes avant qu'elles n'atteignent leur cible.

Le programme américain

Les Etats-Unis disposent d'un embryon de bouclier destiné à se protéger des attaques. Dans un premier temps, les satellites DSP détectent les missiles et une alerte est envoyée à l'armée. Celle-ci va permettre de vérifier s'il s'agit bien d'un missile ou non. Si c'est le cas, vérifier si le territoire national est en danger. Dans ce cas, les batteries de missiles tenteront d'atteindre leur cible.

Le 30 mars 1983, le Président Reagan lance son projet d'Initiative de Defense Stratégique, plus communément appelé Guerre des étoiles. Ce système prévoyait l'installation d'un bouclier anti-missiles dans l'espace. Des plates-formes transportant des armes lanceraient la riposte avant que les bombes n'atteignent le territoire américain. Dans les années 90, le Président Clinton décide l'abandon du programme à son arrivée à la Maison-Blanche. Il faudra attendre le 11 septembre 2001 pour que le Président Bush décide de le réactiver.

Quand on parle d'interception, il ne s'agit pas que d'intercepter un missile qui menace le territoire national. Jusqu'au milieu des années 80, les Etats-Unis et l'Union Soviétique ont procédé à l'interception de satellites. Vingt-ans après avoir suspendu leurs activités d’interception, les Etats-Unis tirent un missile depuis le croiseur américain USS Lake Erie en février 2008. Officiellement, il s’agissait de détruire un satellite en perdition chargé de 450 kg d'hydrazine hautement toxique qui menaçait de se désintégrer dans l’atmosphère. Pour certains spécialistes, c’était avant tout d’éviter que d'éventuels morceaux de ce satellite ultra-secret ne tombent aux mains de puissances étrangères mais surtout une occasion de tester la technologie d’interception. C’était vraisemblablement également une réponse à un test similaire réalisé par la Chine un an plus tôt.

A noter que le Traité de l'espace ratifié le 27 janvier 1967 par de nombreux pays dont les USA et la Russie interdit la mise sur orbite d'arme dans l'espace.

Le programme russe

Les premières expériences de satellites antisatellites remonte aux années 1963 et 1964 sous le nom de code Poliot. Ces satellites avaient été lancés par une R7 adaptée pour le chargement. A noter aussi que de 1970 à 1982, l'ex-URSS a procédé aux lancements de satellites cible DS-P1-M. La première interception d'essai faite par la Russie remonte à 1968. Kosmos 248 était la cible et Kosmos 252 était le tireur. Dans le cadre du programme FOBS (Fractional Orbital Bombardment System), des missiles d'interception de cible ont lancé des ogives OGCh de 1965 à 1971. Celles-ci étaient logées dans la tête du lanceur R-36-O puis satellisées. Elles étaient protégées pour une rentrée atmosphérique en vue d'une riposte sur des installations américaines.

Sources

  • Gunther's Space Page
  • Encyclopédie de l'exploration de l'espace par Kenneth Gatland (Bordas)
  • Atlas de la géographie de l'espace de Fernand Verger (Belin)