H-I et H-II

Historique

Le 13 août 1986, le Japon effectue le premier lancement de sa fusée H-I qui doit ouvrir la voie à une totale indépendance en matière de transport spatial. Ce lanceur est un dérivé de N-II, produit sous licence américaine. La grande nouveauté est à rechercher du coté du deuxième étage de conception japonaise. Il fonctionne avec un mélange d’hydrogène et oxygène liquide, motorisé par Mitsubishi. Jusqu’à sa mise à la retraite en 1992, H-I sera lancé à neuf reprises avec succès pour des missions gouvernementales.

Ce que vise le Japon, c’est une fusée 100 % « Made in Japan ». Pour cela, elle a dû tout inventer et la mise au point ne s’est pas passée sans anicroches. Lors d’un essai d’un moteur en 1991, une explosion se produit, causant la mort d’un ingénieur de chez Mitsubishi. Ce moteur, tout comme celui d’Ariane 5, fonctionne avec un mélange d’hydrogène et d’oxygène liquides. Il est aussi performant que difficile à mettre au point, ce qui entraine un retard important dans le calendrier des lancements. Mais la ténacité japonaise porte ses fruits et le 04 février 1994, H-II réussit son premier vol.

Avec H-II, la NASDA (agence spatiale japonaise) va connaître ses premiers échecs au lancement. Lors de son sixième vol, le moteur du second étage s’éteint prématurément lors de sa seconde phase de fonctionnement. Le satellite de télécommunications COMETS est injecté sur une orbite inexploitable. Un an plus tard, le moteur du premier étage s’éteint au bout de quatre minutes de vol. Les contrôleurs sont contraints d’envoyer l’ordre de destruction du lanceur. Ces deux échecs successifs, ainsi qu’un coût de lancement trop élevé (le double de celui d’Ariane 4), contraint à l’abandon du projet alors que la fabrication du huitième exemplaire du lanceur est bien avancée.

Fiches techniques

H-I

H-II

H-II+

H-IIS

H-IIA

Historique

H-II est le premier lanceur à ergols liquides conçu entièrement par le Japon. Outre les missions institutionnelles qui lui étaient assignées, il était proposé sur le marché des satellites commerciaux par la compagnie Rocket Systems Corporation en vain. L’échec commercial de la fusée japonaise s’explique en raison de ses coûts de fabrication très élevés. Le kilo envoyé sur orbite par H-II était deux fois supérieur à celui d’Ariane 4. De plus, le Japon est un pays qui vit beaucoup de la pêche. Or, le centre spatial de Tanegashima longe les côtes nipponnes. Par décret, les contraintes limitaient l'utilisation de cette base à 90 jours ouvrables (janvier/février, juillet/août). Depuis, suite à plusieurs accords signés avec les associations de pêcheurs, les restrictions ont été allégées pour passer à 190 jours ouvrables avant d’être supprimées en 2013.

Pour percer sur le marché commercial, le Japon doit refondre son lanceur H-II pour le rendre concurrentiel. Il le simplifie au maximum et recourt à des composants « Made in USA ». Pour réduire encore plus les coûts de production, le Japon table sur une cadence de lancements multipliée par deux à trois.

H-IIA repose sur une architecture largement inspirée de H-II. Elle existe en quatre variantes différentes qui se distinguent par le nombre et le type de propulseurs d’appoint. Chaque modèle est identifié par un numéro à 4 chiffres. Le premier indique le nombre d’étages (il y en a toujours 2), le second indique le nombre de propulseurs à ergols liquides (0 car ces versions ne sont jamais sorties des planches à dessin), le troisième indique le nombre de boosters à poudre de taille moyenne (SRB) et le quatrième indique le nombre de boosters à poudre (SSB). Les modèles 2022 et 2024 sont aujourd’hui abandonnés. Seuls subsistent les 2020 et 2040.

De Rocket Systems Corporation à Mitsubishi Heavy Industries

En 1990, le Japon créée la Rocket Systems Corporation, une filiale du groupe Mitsubishi. Elle a pour ambition de vendre des services de lancement. Mais les clients ne se bousculent pas au portillon. Hugues Space avait signé un contrat d’un milliard de dollars pour 10 satellites avant de se rétracter et l’agence spatiale européenne a préféré confier son satellite Artemis à Ariane 5. Les deux echecs successifs de H-II et les retards dans le développement de H-IIA auront certainement lourdement pesé dans la balance. Il faudra attendre fin 2004 pour que la Jaxa cède les activités de production et les opérations de lancement à la RSC. Le 26 février 2005, elle procède à son premier vol commercial. L’aventure tournera court puisqu’un an plus tard, la société était dissoute au profit de Mitsubishi Heavy Industries. Le géant japonais de l’électronique décroche un premier contrat en 2008 avec la Corée du Sud pour le lancement du satellite Kompsat 3 puis avec le canadien en 2012 pour le satellite de télécommunications Telstar 12V.

Fiches techniques

H-IIA/2020

H-IIA/2022

H-IIA/2024

H-IIA/2040

H-IIB

Historique

En janvier 2006, la Jaxa décide le développement de H-IIB à la place des versions lourdes envisagées du H-IIA. Le nouveau lanceur est composé de deux étages et flanqué de quatre boosters SRB sur le corps central. Ce dernier se distingue de ses aînés par un diamètre qui passe de 4 à 5,2 m et d’un allongement de ses réservoirs. Il est équipé de 2 moteurs LE-7A au lieu d'un seul pour la version H-IIA. Sa carrière est exclusivement liée à la station spatiale internationale. Il est chargé de lancer le cargo de ravitaillement japonais HTV à destination du complexe orbital.

Fiches techniques

H-IIB

Les sources