Chang-Zheng 1

Historique

Dès la création de l'Académie de recherche n°5 en octobre 1956, les responsables du programme spatial décident de profiter de la technologie des missiles soviétiques pour développer leur arsenal. Quelques années plus tard, les Chinois procèdent aux premiers essais de leurs missiles Dong-Feng 2, 3 et 4:

  • Dong-Feng 2 est un missile mono-étage de 20,6 m de haut pour 1,65 m de diamètre. Sa portée est de 1 250 km. Sa technologie est basée sur le SS-3 soviétique. Son entrée en service opérationnel remonte à 1966.
  • Dong-Feng 3 est également un missile mono-étage et à portée intermédiaire (2 500 km pour la version 3 et 2 800 km pour la 3A). C'est un dérivé du missile soviétique R-14. Il est déployé depuis 1971.
  • Dong-Feng 4 est un missile Dong-Feng 3 auquel on a ajouté un second étage à carburants liquides. Sa portée passe à 4 750 km. Il mesure 28 m de haut pour 2,25 m de diamètre. Il est capable de porter une charge de 2,2 tonnes. En avril 1970, Dong-Feng 4 est transformé en lanceur spatial et devient Chang-Zheng 1, plus connu sous l'appellation occidentale de Long-March 1. Le 24 avril 1970, elle place sur orbite China 1 de 173 kg qui va émettre l'hymne "L'Orient est rouge" dans les premières heures de vol. La Chine rejoint du coup les Etats-Unis, l'URSS, la France et le Japon dans le cercle très fermé des puissances spatiales maîtrisant la technologie des lanceurs et des satellites. Une autre mise sur orbite sera réalisée 11 mois plus tard.

Fiches techniques

Chang-Zheng 1

Chang-Zheng 2

Historique

Le 8 octobre 1956, le Comité Central du Parti Communiste Chinois créait l'Académie de recherche n°5. Celle-ci est placée sous l'autorité du Ministère de la Défense. L'Académie allait donner naissance à la CALT pour les fusées et à la CAST pour les satellites.

La CALT (China Academy Launch Vehicle Technology) est implantée depuis 1957 à Beijing. Plus de 25 000 personnes y travaillent. C'est dans cette académie que sont produites certaines versions de la Chang-Zheng. Il s'agit des versions 1D, 2A, 2E, 2F ainsi que le troisième étage des Chang-Zheng 3. Les autres versions sont fabriquées par la SAST (Shangaï Academy of Spaceflight Technology) qui emploie quelques 30 000 personnes.

Pourquoi deux chaînes de production? En fait, après la révolution culturelle qui a frappé la Chine dans les années 60 et 70, une partie du personnel de la CALT est allée s'installer à Shangaï. Depuis, les Chang-Zheng sont produites à Beijing et à Shangaï. Les fusées produites par les deux académies sont commercialisées par la CGWIC (China Great Wall Industry Corporation) l'équivalent chinois d'Arianespace.

Fiches techniques

Chang-Zheng 2

Chang-Zheng 2C

Chang-Zheng 2C+

Chang-Zheng 2C/CTS

Chang-Zheng 2C/SD

Chang-Zheng 2C/SMA

Chang-Zheng 2C-III

Chang-Zheng 2D

Chang-Zheng 2D-III

Chang-Zheng 2E

Chang-Zheng 2F

Chang-Zheng 2FT

Chang-Zheng 2FG

Chang-Zheng 3

Historique

La génération 3 des Chang-Zheng est entièrement dédiée à la mise sur orbite de transfert géostationnaire et au marché commercial avant qu'un embargo sur les technologies sensibles par les Américains ne le ferment. Ces lanceurs vont bénéficier de la propulsion cryogénique, le must dans la motorisation des fusées. La famille Chang-Zheng 3 va devenir le fer de lance des missions dédiées à l'orbite géostationnaire.

Chang-Zheng 3
La fusée CZ-3 existe en 2 versions. La première ne volera qu'à 3 reprises entre janvier 1984 et février 1986. La seconde, effectuera son vol inaugural en mars 1988 avant d'être retirée du service actif en juin 2000. La différence entre les 2 versions est minime à vue d'œil. Les premier et dernier étages sont allongés de quelques centimètres afin d'emporter plus de carburants. La coiffe passe de 2,6 m de diamètre à 3 m et sa hauteur remontée de 25%. La structure de la fusée est allégée. Avec ces modifications, CZ-3 est capable de transporter 300 kg de charge utile en plus. Le 07 avril 1990, elle fait parler d'elle en plaçant sur orbite Asiasat 1 lors du premier vol commercial réalisé par la Chine. Mais ce n'est pas tout. Asiasat 1 est le premier satellite à retourner dans l'espace. Dans les années 80, il avait été lancé par la navette américaine sous le nom de Westar 6. Mais des problèmes techniques l'ont empêché de rejoindre son orbite définitive. Une autre navette est partie le rechercher quelques mois plus tard. Westar 6 est retourné dans les locaux de Hughes, son constructeur, pour subir un entretien avant d'être racheté sous le nom d’Asiasat 1.

Chang-Zheng 3A
La Chang-Zheng 3A est une version 2D à laquelle on a ajouté un troisième étage cryogénique afin d'atteindre les performances requises pour l'orbite de transfert géostationnaire. Sa coiffe a également été adaptée aux besoins des satellites. Son premier vol remonte à février 1994.

Chang-Zheng 3B/3C
Ces 2 versions sont indissociables l'une de l'autre. Chang-Zheng 3B est équipée de 4 boosters à ergols liquides et a une coiffe pouvant atteindre 9,78 m de haut pour 4,20 de diamètre. La version 3C n'a que 2 boosters et sa coiffe, pour un même diamètre est plus courte de 40 cm. Elle doit remplacer la version 2E. Le 14 février 1996, Chang-Zheng 3B doit lancer un satellite de télécommunications pour le compte d'Intelsat. Il s'agit du premier vol de cette version. A peine avait-elle quitté sa table de lancement qu'elle se met à basculer et à voler en direction de la ville toute proche avant d'exploser. Le bilan officiel fait état de 7 morts. L'explosion de la fusée a été néfaste pour la CGWIC, les clients préférant payer plus cher un service de meilleure qualité et plus sûr pour les populations environnantes. Depuis les fusées chinoises ont été équipées d'un système de sauvegarde permettant leur destruction en cas de menace pour la sécurité, ce qui était une règle de base pour les fusées occidentales depuis longtemps.

Pour certaines missions, un étage additionnel est ajouté. L'YZ-1 a pour rôle d’ajuster la satellisation des charges utiles selon l’orbite visée et d’assurer leur orientation et leur séparation.

Fiches techniques

Chang-Zheng 3

Chang-Zheng 3+

Chang-Zheng 3A

Chang-Zheng 3B

Chang-Zheng 3B/E

Chang-Zheng 3C

Chang-Zheng 3C/E

Chang-Zheng 4

Historique

Au moment de sa conception qui remonte à 1982, la Chang-Zheng 4 devait servir de back-up à la Chang-Zheng 3 pour le lancement des satellites de communications sur l'orbite de transfert géostationnaire. Après le succès obtenu lors du vol inaugural de la CZ-3 en janvier 1984, la Chang-Zheng 4 a été dévolue pour les lancements vers l'orbite héliosynchrone. Il reprend le premier étage de la CZ-2D, le second étage de la CZ-3.

Chang-Zheng 4A
Cette version n'a été utilisée qu'à deux reprises pour le lancement des satellites météorologiques Feng-Yun 1A et 1B ainsi que 2 ballons pour l'étude de la densité atmosphérique.

Chang-Zheng 4B
Lanceur modernisé qui a effectué son premier vol en mai 1999. Quelques mois plus tard, elle lançait le premier satellite sino-brésilien de télédétection, le CBERS.

Chang-Zheng 4C
Version modernisée de la Chang-Zheng 4B avec un nouvel inter-étage reliant le premier du second étage et un troisième étage réallumable.

Fiches techniques

Chang-Zheng 4A

Chang-Zheng 4B

Chang-Zheng 4C

Chang-Zheng 5

Historique

Depuis les années 90, le programme spatial chinois a montré une ambition en constante progression. Pour répondre à ses besoins, la Chine a développé une nouvelle génération de lanceurs dédiés à un type de missions.

Chang-Zheng 5 est le poids lourd de la famille. Il est bâti autour d’un corps central sur lequel sont accolés quatre propulseurs d’appoint. Dans cette configuration, la fusée est en mesure de lancer une charge de 23 tonnes sur l’orbite basse. Equipée d’un deuxième étage, ce sont 14 tonnes qui peuvent être transportés sur l’orbite de transfert géostationnaire. Il est même possible de rejoindre directement l’orbite géostationnaire. Pour se faire, l’étage optionnel YZ-2 dérivé de celui utilisé sur Chang-Zheng 3.

Chang-Zheng 5 est parfaitement taillée pour le lancement d’éléments de la future station spatiale chinoise mais également pour la mise sur orbite de gros satellites de télécommunications.

La nouvelle génération de lanceurs chinois dispose d’un nouveau centre spatial à Wenchang sur la côte nord-est de l’île de Hainan. Situé plus au sud, il est beaucoup mieux situé que Xichang, offrant un gain de performance aux fusées.

Fiches techniques

Chang-Zheng 5

Chang-Zheng 6

Historique

Chang-Zheng 6 fait partie de la seconde génération de lanceurs développés par la Chine. Il a été conçu pour le transport de satellites de petite taille sur des orbites basse ou héliosynchrone. Avec une capacité de 1 500 kg sur orbite basse, c’est un lanceur d’une classe équivalente à l’européen Vega ou le russe Angara 1.2.

Fiches techniques

Chang-Zheng 6

Les sources

  • Internet Reference Guide to Space Launch Vehicles
  • Gunther's Space Page
  • Ariane de Alain Souchier et Patrick Baudry (Flammarion)