Description

Un centre spatial regroupe toute l’infrastructure nécessaire à la mise en œuvre de mission dans l’espace. De manière générale, on pourrait comparer une base de lancement avec un zoning industriel.

Le centre spatial est relié à un aéroport qui accueille les charges utiles arrivant par avion. Dans le cas de Cap Canaveral, l’ancienne piste d’atterrissage de la navette spatiale joue ce rôle. Lorsqu’il se trouve aux abords d’une voie navigable, on y construit un port pour acheminer les éléments volumineux. C’est de cette manière que les pièces qui constituent Ariane 5 sont transportées de l’Europe vers Kourou. Parfois, comme c’est le cas pour Cap Canaveral, il y a une voie de chemin de fer.

Port de Pariacabo
Débarquement d'un container chargé d''éléments d'Ariane 5 au port de Pariacabo - Photo ESA/CNES/Arianespace/Optique Vidéo CSG/JM Guillon (Agrandir)

Le centre spatial est divisé en plusieurs zones éloignées l’une de l’autre. Il ne faut pas qu’un accident se produisant dans l’une d’elle se répercute sur les suivantes. Le plus grand danger se trouve au niveau du stockage des produits dangereux, comme les ergols de la fusée. Raison pour laquelle, chaque zone possède son niveau de sécurité. A titre d’exemple, le musée de l’espace au Centre Spatial Guyanais est accessible à tous. Mais pour visiter les installations d’Ariane, c’est une autre histoire. Certains lieux ne sont pas accessibles au grand public tandis que d’autres, il faudra avoir l’accord du service de sécurité qui délivrera un pass spécial.

La zone industrielle comprend les usines de production des ergols et autres fluides. Dans la mesure du possible, elle est éloignée des installations du centre spatial.

Dans la base de lancement en tant que telle, on y trouve toutes les installations vouées à la préparation et au lancement de fusées. Dans la plupart des cas, le lanceur est assemblé en dehors de la zone de lancement. L’avantage est de pouvoir préparer deux lanceurs en parallèle. Alors qu’un est en cours d’assemblage, un autre est sur son pas de tir en attente pour son lancement. A Baïkonour, les fusées sont assemblées à l’horizontal dans un grand hall puis acheminées vers leur pas de tir par voie ferrée où elles sont redressées. La méthode est utilisée pour d’autres lanceurs comme la Falcon de SpaceX. Certaines fusées, comme Vega, ont une cadence de tir réduite. L’assemblage à même le pas de tir est plus avantageux, ce qui permet de réduire le coût.

Assemblage d'une fusée à Kourou
Assemblage d'une fusée Soyuz au Centre Spatial Guyanais - Photo ESA/CNES/Arianespace/Optique Vidéo CSG/S. Martin (Agrandir)

Un peu en recul des installations de lancement, on trouve tous les bâtiments dédiés à la préparation de la charge utile. Le bon fonctionnement des satellites est vérifié une dernière fois, notamment le déploiement des antennes et autres panneaux solaires. Une fois déclarés bon pour le service, ils sont remplis d’ergols puis montés sur l’adaptateur qui sera fixé au sommet du lanceur.

GSAt 10 à Kourou
Préparation du satellite indien GSat 10 en vue de son lancement par une fusée Ariane - Photo ESA/CNES/Arianespace/Optique Vidéo CSG/G. Barbaste (Agrandir)

Le lanceur est presque prêt à partir. Mais avant le décollage, il reste beaucoup de choses à faire. Il est inerte et réservoirs vides. A quelques heures du lancement, des équipes vont se relayer pour remplir les réservoirs et animer peu à peu le lanceur. Toutes les opérations sont supervisées depuis une salle de contrôle. Tout est minutieusement surveillé à tout moment, que ce soit l’état du lanceur ou de la charge utile. Le bon déroulement d’un lancement ne dépend pas que de la fiabilité de la fusée. D’autres facteurs entrent en ligne de compte comme la météo. En 1987, une fusée Atlas explose en vol, foudroyée par un orage. Une équipe météorologique suit attentivement l’état du ciel grâce à des ballons et des radars. Une fusée n’est pas réutilisable et par conséquent, elle n’embarque pas les fameuses boites noires qui servent lors d’un accident d’avion. La récupération des données se fait via des stations de poursuite installées le long de la trajectoire de la fusée. Ces données permettent de suivre en direct le bon déroulement d’un vol. Si une anomalie grave est détectée, l’officier de sauvegarde pourra appuyer sur le bouton qui fera exploser la fusée.

Salle de contrôle Jupiter à Kourou
Salle de contrôle Jupiter 2 à quelques heures du lancement d'une fusée Ariane - Photo ESA/CNES/Arianespace/Optique Vidéo CSG (Agrandir)

Station Galiot
Station de poursuite Galiot située sur la Montagne des Pères à 20 km du pas de tir - Photo CNES

Sources