Généralités

Le cosmodrome de Baïkonour est le plus connu de l'ex-empire soviétique. C'est depuis cette base de lancement que sont partis Sputnik, Gagarine ou encore les équipages de la station spatiale internationale. S'il est le plus connu, il est le seul que la Russie exploite en dehors de son territoire. Le cosmodrome est situé dans la République du Kazakhstan (pays de l'ex-URSS comme la Russie).

L'histoire du cosmodrome débute en 1954 lorsque les autorités soviétiques décident d'implanter un site de lancement à l’abri des regards pour tester ses missiles intercontinentaux. Il est implanté entre la station ferroviaire de Tyuratam et la Mer d'Aral. A son extrémité sud coule la rivière Syr-Daria. Baïkonour c'est 6 717 km² de superficie regroupant 8 complexes de lancements en activité contenant en tout 16 pas de tir, 4 pas de tir pour les missiles intercontinentaux, 11 bâtiments d'assemblage et de préparation. Le plus connu est le Mik, hall d'intégration des lanceurs Soyuz. Les installations sont reliées entre elles par 470 km de voies ferrées, 1 281 km de routes.

Si le ciel clair, à raison de 300 jours par an environ est un avantage, les températures le sont moins. En hiver, le mercure peut descendre au-deçà de -30°C et grimper à + 30°C l'été.

Baikonour est une installation gérée par les Forces spatiales militaires de Russie et exploitée par Roskosmos (vols habités et ravitaillement de la station spatiale), ILS (lancements commerciaux des fusées Proton), Starsem (vols commerciaux des fusées Soyuz) principalement. Avec la fin de l'URSS, la base spatiale est désormais située sur un territoire étranger. En mars 1994, le Kazakhstan et la Russie ont signé un accord autorisant cette dernière, moyennant une location annuelle de 115 millions de dollars, à poursuivre ses activités jusqu’en 2004. Un accord similaire signé en 2004 prolonge la location du site jusqu’en 2050 et accroit considérablement le rôle du Kazakhstan dans la gestion du site. Cependant, les relations entre les deux pays n’est pas toujours au beau fixe. La Russie estime payer trop cher la location des installations mais ne peut s’en passer, notamment pour les satellites géostationnaires ou la desserte de la station spatiale internationale. Le Kazakhstan justifie les montants réclamés par une activité qui n’est pas sans risque. A plusieurs reprises, les autorités kazakhes ont suspendu les lancements de la fusée Proton suite à des échecs qui ont pollué les zones des crashes. De plus, la trajectoire empruntée par les fusées entraîne automatiquement le survol du territoire et la chute d’étages, contenant parfois des ergols très toxiques, qu’il faut déblayer. La Russie ne peut se résoudre à dépendre continuellement du Kazakhstan pour ses activités spatiales majeures. C’est pourquoi le président russe Vladimir Poutine signe un décret en 2007 autorisant la construction d’un nouveau cosmodrome sur le territoire national. Le cosmodrome Vostotchny se trouve dans la région de l'oblast d'Amour sur l’ancien site du cosmodrome de Svobodny aujourd’hui fermé. La construction du cosmodrome a commencé en 2010 et devrait s’achever cette année avec un premier vol inhabité prévu quelques mois puis tard. En 2018, le premier Soyuz habité devrait y prendre son envol.

Les installations de lancements

LC-1/5 (45,920° N - 63,343° E): Famille R-7, Soyuz
LC-31/6 (45,996° N - 63,564° E): Famille R-7, Soyuz
LC-41/15 (45,976° N - 63,669° E): Kosmos 3 - désactivé
LC-45/1 (45,943° N - 63,653° E): Zenit
LC-45/2 (45,940° N - 63,655° E): Zenit - détruit en 1990
LC-81/23 (46,074° N - 62,978° E): Proton K
LC-81/24 (46,071° N - 62,985° E): Proton M
LC-90/19 (46,081° N - 62,932° E): Tsyklon 2 - désactivé
LC-90/20 (46,080° N - 62,935° E): Tsyklon 2 - désactivé
LC-109/95 (45,951° N - 63,497° E): Dnepr
LC-110/37 (45,965° N - 63,305° E): N-1, Energia/Buran - désactivé
LC-110/38 (45,962° N - 63,310° E): N-1 - désactivé
LC-131/29 (46,071° N - 62,958° E): Rockot
LC-175/58 (46,051° N - 62,987° E): Rockot
LC-175/59 (46,052° N - 62,986° E): Strela
LC-200/39 (46,040° N - 63,032° E): Proton K, Proton M
LC-200/40 (46,036° N - 63,038° E): Proton K
LC-250 (46,008° N - 63,305° E): Energia - désactivé

En gras sont les lanceurs qui partent encore des pas de tir concernés

Sources

  • Russian Space Web
  • Atlas de la géographie de l'espace de Fernand Verger (Belin)
  • Encyclopédie de l'exploration de l'espace par Kenneth Gatland (Bordas)
  • Space Connection 27 - Les centres de lancements spatiaux