Succès pour la mini fusée japonaise

Publié par Philippe VOLVERT le 04-02-2018

Le Japon a réussit le lancement de la fusée S-520, le plus petit lanceur de satellites au monde - Photo Jaxa

Une fusée sonde modifiée, prévue à l’origine pour transporter des instruments scientifiques pour des vols suborbitaux, a été lancée samedi matin du centre spatial d’Uchinoura au Sud du Japon et est devenue le plus petit lanceur de satellites au monde.

La fusée SS-520 a décollé à 05 heures 03 TU et a placé sur orbite le satellite TRICOM 1R sept minutes et trente secondes plus tard. Le succès du lancement a pu être confirmé par l’agence spatiale japonaise Jaxa à la fin de la première orbite. TRICOM 1R, rebaptisé Tasuki, a été séparé sur une orbite basse de 187 x 2012 km à 30,90° d’inclinaison pour 180 x 1500 km à 31° visés. Le satellite, d’une masse de 3 kg, a été conçu par l’Université de Tokya en partant des normes CubeSat. Il est équipé de 5 caméras et d’un appareillage de communications.

La réussite de la mission fait oublier l’échec de la première tentative il y a un peu plus d’un an. Après quelques secondes de vol, le centre de contrôle perdait le contact avec la fusée qui a fini sa course dans le Pacifique au large d'Uchinoura.

La fusée SS-520 est le plus petit lanceur de satellites au monde, détrônant au passage Lambda 4S, une autre fusée japonaise, celle-là même qui a propulsé le Pays du Soleil Levant au rang de puissance spatiale en 1970. Elle est largement inspirée de la fusée-sonde SS-520 à deux étages mise en service en 1998 par l'Institut des sciences spatiales et astronautiques. Elle mesure 9,54 m de haut et pèse 2,6 tonnes au décollage. En ajoutant un troisième étage, elle est capable de transporter une charge utile de quelques kilos sur orbite.

SS-520 n'est pas un lanceur opérationnel mais un démonstrateur technologique qui a pour objectif de prouver qu'il est possible de placer un mini-satellite de 4 kg dans l'espace pour un coût bien inférieur à celui d'une fusée classique. La Jaxa espère que cette initiative encouragera le secteur privé à développer des satellites.

La fusée japonaise n’est pas le seul lanceur visant le créneau des mini satellites. Il y a quelques jours, la société américaino/néo-zélandaise Rocket Lab réussissait la mise en service d’Electron d’une capacité de 100 kg. D’autres fusées, d’une capacité supérieure, ont été développées pour répondre à la demande croissante de lancements de satellites de petite taille à travers le monde.