Succès pour la fusée japonaise

Publié par Philippe VOLVERT le 23-12-2017

Le Japon a placé sur orbite un satellite dédié au changement climatique - Photo @shinnosuke0113 (Twitter)

La fusée japonaise H-IIA a démontré cette nuit ses capacités de souplesse en plaçant sur deux orbites différentes les satellites qu’elle transportait. Le vol 37, en version 202 avec deux boosters à poudre, a décollé du centre spatial de Tanegashima à 01 heure 26 TU. Le second étage a effectué trois allumages durant un vol d’une heure et 48 minutes avant d’injecter GCOM-C sur une orbite héliosynchrone de 788 x 806 km puis SLATS sur une orbite de même inclinaison mais à une altitude beaucoup plus basse de 450 x 643 km.

Cette mission était la sixième de l’année pour H-IIA, ce qui constitue un record pour le lanceur depuis sa mise en service en 2001. Depuis l’abrogation des restrictions des périodes de lancement, l’agence spatiale Jaxa peut augmenter de manière significative la cadence de ses missions.

Etudier le changement climatique

Telle est la mission du satellite GCOM-C (Global Change Observation Mission – Carbon), rebaptisé Shikisai. L’engin de près de deux tonnes est l’un des six satellites que le Japon compte mettre en œuvre pour étudier le changement climatique dans toutes ses spécificités. Il est la contribution de l’Empire du Soleil Levant au programme mondial des systèmes d'observation de la Terre GEOSS. GCOM-C fait suite aux deux missions ADEOS qui n’ont pu être menées à bien suite à la perte des satellites au bout d’un an d’activité.

GCOM-C va étudier le cycle du carbone à partir des variations de biomasse et du bilan radiatif terrestre. Pour se faire, il est équipé du radiomètre SGLI (Second Generation Global Imager) qui collectera des images multi-spectrales visibles et infrarouges des aérosols avec une résolution variant entre 250 mètres et 1 000 mètres.

SLATS (Super Low Altitude Test Satellite ) est un démonstrateur de 400 kg qui servira à tester le fonctionnement d’un satellite à une altitude inférieure à 250 km et à le maintenir en orbite à l’aide d’un moteur ionique qui compensera le frottement atmosphérique.