La mini-fusée japonaise loupe le coche

Publié par Philippe VOLVERT le 15-01-2017

Le lancement de la fusée japonaise SS-520-4 s'est soldé par un échec au bout de quelques secondes de vol - Photo Kydo/Reuters

Le vol inaugural de la mini-fusée SS-520-4 s'est soldé par un échec samedi soir. L'annonce a été faite par l'agence spatiale japonaise trois heures après le lancement.

La fusée avait décollé à 23 heures 33 TU depuis le centre spatial d'Uchinoura pour un vol de sept minutes au terme desquels, elle devait injecter sur orbite (180 x 1 500 km ; inclinée de 31°) le satellite expérimental TRICOM 1. Le lancement, prévu à l'origine pour mercredi dernier, avait été reporté de quelques jours en raison de la présence de vent en altitude.

Selon les premières informations, la télémétrie aurait été perdue au bout de 20 secondes de vol, pendant la phase de propulsion du premier étage. La fusée s'est abîmée dans le Pacifique au large d'Uchinoura dans la zone de chute prévue du premier étage, ce qui indiquerait qu'il aurait fonctionné correctement jusqu'au bout. Le professeur Hiroto Habu, responsable du programme au sein de la Jaxa, a expliqué qu'une enquête serait menée pour comprendre l'origine du problème et la suite à donner.

La fusée SS-520-4 est le plus petit lanceur de satellite au monde. Elle est largement inspirée de la fusée-sonde SS-520 à deux étages mise en service en 1998 par l'Institut des sciences spatiales et astronautiques. Elle mesure 9,54 m de haut et pèse 2,6 tonnes au décollage. En ajoutant un troisième étage, elle est capable de transporter une charge utile de quelques kilos sur orbite.

SS-520-4 n'est pas un lanceur opérationnel mais un démonstrateur technologique qui a pour objectif de prouver qu'il est possible de placer un mini-satellite de 4 kg dans l'espace pour un coût bien inférieur à celui d'une fusée classique. L'agence spatiale japonaise espère que cette initiative encouragera le secteur privé à développer des satellites.